Japon, 9 juillet 869 : le tremblement de terre de Jogan lève un énorme tsunami qui balaye la région de Sendaï
Le séisme de Jogan, (1) d'une magnitude estimée à environ 8.6 et dont l'épicentre était situé au large d'Iwate, 100 km au Nord de Fukushima, avait engendré un tsunami (1) qui avait dévasté la plaine de Sendaï, submergeant la ville de Tagajo et tuant environ 1000 habitants. Cette tragédie était parfaitement documentée dans l'histoire du pays (3), jusqu'à ce que...

Japon, 3 mars 2011 : les opérateurs Tepco, Tohoku Electric et JAPC s'unissent pour intimider le MEXT et lui demander instamment de modifier un document scientifique
Le Ministère Japonais de la Technologie (4) avait publié un rapport indiquant, notamment en se basant sur les données du séisme de 869, qu'il était probable qu'un tel événement se reproduise dans un avenir relativement proche et affecte la côte Est de Tohoku, là où plusieurs sites de production électronucléaires sont installés (5). Les opérateurs ont fortement protesté en comité le 3/3/2011 contre cette interprétation en estimant qu'il était "improbable" qu'un nouveau tsunami vienne frapper les côtes Est de l'ile de Tohoku et ont instamment demandé que le MEXT modifie le document en question. Encore quelques jours plus tard et la nouvelle du document version sortait, qui estimait qu'"il était nécessaire de faire des études complémentaires avant de déclarer que des séismes - et tsunamis - similaires pouvaient survenir dans un avenir proche".
Cette "intervention" permettait aux - tout-puissants - opérateurs de ne pas engager de provisions pour faire face aux importants travaux de génie civil nécessaires ; d'autre part, si le document avait été publié tel quel, la responsabilité des opérateurs aurait pu être facilement invoquée en cas de catastrophe éventuelle.
Japon, 11 mars 2011 : le grand séisme et tsunami de Tohoku
A peine quelques jours plus tard, la prévision initiale des scientifiques du MEXT se révélait pourtant dramatiquement exacte : à l'endroit dit, à l'époque prévue, les grands séisme et tsunami de Tohoku / Honshu provoquait les dégâts que l'on sait. La trajectoire du tsunami de 2011 s'est révélée conforme à celle de 869, remontant sur plusieurs kilomètres les plaines de la vallée de Sendai. Les mêmes causes produisent les mêmes effets...

Qui pratique la "désinformation" ?
Le plus fort dans l'affaire de ce nouveau scandale est que les trois opérateurs ont tenté de justifier leur lobbyisme en estimant que le document scientifique - qui s'est avéré parfaitement exact - pouvait apparaître comme "trompeur". Mais, nous vous le demandons : Qui s'est trompé, qui a trompé le peuple Japonais et qui porte une part grandissante de responsabilité dans cet accident ?
Tepco en particulier peut-il sereinement clamer à tue-tête qu'il n'y est pour rien, que personne ne l'avait prévenu des dangers putatifs pouvant toucher le site ou il exploite pas moins de dix réacteurs nucléaires ? Les opérateurs électronucléaires possèdent-ils le pouvoir absolu à savoir celui de faire réécrire l'histoire du Japon ?
"Qui contrôle le passé, contrôle le présent ; qui contrôle le présent, contrôle l'avenir." (1984)
Source : Japan Times, 27/2, anglais
(1) 貞観地震 ou Jogan Jishin ou Sanriku : les Japonais ont l'habitude de baptiser les événements naturels de la date de survenue accolée soit du nom de la région touchée ou de l'ère (époque) concernée
(2) Un tsunami 津波 se forme généralement quand au moins trois conditions sont remplies : un séisme puissant (seuil théorique de 6.3) dont l'épicentre est situé au large d'une zone côtière et dont la profondeur est relativement faible (30 kilomètres dans le cas du tsunami de 2011)
(3) Cité notamment dans le document historique Sendaï-jitsuroku retraçant 1200 années d'histoire du pays
(4) Comité de la recherche sismologique, MEXT
(5) Respectivement Onagawa 1-3 pour Tohoku Electric, Fukushima Daiichi 1-6 et Fukushima Daini 1-4 pour Tepco, Tokai 1 pour JAPC
Le séisme de Jogan, (1) d'une magnitude estimée à environ 8.6 et dont l'épicentre était situé au large d'Iwate, 100 km au Nord de Fukushima, avait engendré un tsunami (1) qui avait dévasté la plaine de Sendaï, submergeant la ville de Tagajo et tuant environ 1000 habitants. Cette tragédie était parfaitement documentée dans l'histoire du pays (3), jusqu'à ce que...
Japon, 3 mars 2011 : les opérateurs Tepco, Tohoku Electric et JAPC s'unissent pour intimider le MEXT et lui demander instamment de modifier un document scientifique
Le Ministère Japonais de la Technologie (4) avait publié un rapport indiquant, notamment en se basant sur les données du séisme de 869, qu'il était probable qu'un tel événement se reproduise dans un avenir relativement proche et affecte la côte Est de Tohoku, là où plusieurs sites de production électronucléaires sont installés (5). Les opérateurs ont fortement protesté en comité le 3/3/2011 contre cette interprétation en estimant qu'il était "improbable" qu'un nouveau tsunami vienne frapper les côtes Est de l'ile de Tohoku et ont instamment demandé que le MEXT modifie le document en question. Encore quelques jours plus tard et la nouvelle du document version sortait, qui estimait qu'"il était nécessaire de faire des études complémentaires avant de déclarer que des séismes - et tsunamis - similaires pouvaient survenir dans un avenir proche".
Cette "intervention" permettait aux - tout-puissants - opérateurs de ne pas engager de provisions pour faire face aux importants travaux de génie civil nécessaires ; d'autre part, si le document avait été publié tel quel, la responsabilité des opérateurs aurait pu être facilement invoquée en cas de catastrophe éventuelle.
Japon, 11 mars 2011 : le grand séisme et tsunami de Tohoku
A peine quelques jours plus tard, la prévision initiale des scientifiques du MEXT se révélait pourtant dramatiquement exacte : à l'endroit dit, à l'époque prévue, les grands séisme et tsunami de Tohoku / Honshu provoquait les dégâts que l'on sait. La trajectoire du tsunami de 2011 s'est révélée conforme à celle de 869, remontant sur plusieurs kilomètres les plaines de la vallée de Sendai. Les mêmes causes produisent les mêmes effets...
Qui pratique la "désinformation" ?
Le plus fort dans l'affaire de ce nouveau scandale est que les trois opérateurs ont tenté de justifier leur lobbyisme en estimant que le document scientifique - qui s'est avéré parfaitement exact - pouvait apparaître comme "trompeur". Mais, nous vous le demandons : Qui s'est trompé, qui a trompé le peuple Japonais et qui porte une part grandissante de responsabilité dans cet accident ?
Tepco en particulier peut-il sereinement clamer à tue-tête qu'il n'y est pour rien, que personne ne l'avait prévenu des dangers putatifs pouvant toucher le site ou il exploite pas moins de dix réacteurs nucléaires ? Les opérateurs électronucléaires possèdent-ils le pouvoir absolu à savoir celui de faire réécrire l'histoire du Japon ?
"Qui contrôle le passé, contrôle le présent ; qui contrôle le présent, contrôle l'avenir." (1984)
Source : Japan Times, 27/2, anglais
(1) 貞観地震 ou Jogan Jishin ou Sanriku : les Japonais ont l'habitude de baptiser les événements naturels de la date de survenue accolée soit du nom de la région touchée ou de l'ère (époque) concernée
(2) Un tsunami 津波 se forme généralement quand au moins trois conditions sont remplies : un séisme puissant (seuil théorique de 6.3) dont l'épicentre est situé au large d'une zone côtière et dont la profondeur est relativement faible (30 kilomètres dans le cas du tsunami de 2011)
(3) Cité notamment dans le document historique Sendaï-jitsuroku retraçant 1200 années d'histoire du pays
(4) Comité de la recherche sismologique, MEXT
(5) Respectivement Onagawa 1-3 pour Tohoku Electric, Fukushima Daiichi 1-6 et Fukushima Daini 1-4 pour Tepco, Tokai 1 pour JAPC

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