Pourquoi les températures atteintes dans les cœurs des réacteurs accidentés pourraient avoir été largement supérieures à ce que l'on imagine généralement
Les métaux, tout comme l'eau, présentent une température de fusion ou ils passent de la forme solide à la forme liquide et une température d'ébullition, généralement plus élevée, qui les fait passer de l'état liquide à l'état gazeux. Le point de fusion de l'eau est de 0° C et son point d’ébullition est de 100°C à la pression atmosphérique. Or, pour retrouver dans l'atmosphère des traces du métal Technétium par exemple, il est nécessaire que le métal ait atteint son point d'ébullition pour se retrouver sous la phase gazeuse et être dispersé dans les sols autour du site de la centrale accidentée.
Extrait du point presse Tepco du 15 avril :
"Nous avons détecté du Plutonium dans les échantillons de sol prélevés sur le site les 21, 22, 25, 28, 31 mars et 4 avril... Nous avons également détecté de l'iode, du césium, du baryum, du niobium, du ruthénium, du molybdène, du technétium, du lanthane, du béryllium et de l'argent."

Or, le point d'ébullition du molybdène est de 4639° C et celui du technétium est de 4265° C. Comment ces éléments pourraient-ils se retrouver dans le sol s'il ne sont pas passés par l'atmosphère et par conséquent avoir changé 2 fois de phase pour passer sous la forme liquide puis sous la forme gazeuse ? Du technétium (point de fusion = 2157° C) a également été retrouvé dans l'eau des sous-sols mais comment un liquide pourrait-il remonter vers le sol à l'extérieur du site, défiant ainsi les lois de la gravité ?
Un autre élément semble indiquer que l'opérateur Tepco pourrait dissimuler une information indispensable à la compréhension de ce qui s'est passé dans les cœurs des ex-réacteurs : un communiqué de Tepco nous informait le 24/9 que ce dernier avait découvert une concentration non négligeable de gaz inflammable non identifié au niveau de l'ex-réacteur n°. 1. A gen4, nous refusons de croire que l'opérateur ne dispose pas sur le site d'un équipement permettant de connaître la composition de ce ou de ces gaz non identifiés ! C'est si simplement inconcevable que nous en déduisons que l'opérateur en sait probablement beaucoup plus qu'il ne veut bien le dire ; nous attendons toujours d'ailleurs avec impatience la réponse de Tepco à la question qui lui a été posée par l'AIEA au mois de mai : pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le technétium retrouvé ?
Synthèse de l'IRSN du 27/9 : retour sur le césium de Fukushima
"Les activités surfaciques les plus élevées sont observées immédiatement à l’ouest de la centrale (14 millions de Bq/m2 en césium 134 et 15 millions de Bq/m2 en césium 137, valeurs comparables à celles présentes à quelques kilomètres de la centrale de Tchernobyl)" (page 1, paragraphe 3).
Commentaire : l'IRSN qui s’essaye à comparer Fukushima et Tchernobyl ? C'est une première car c'est exactement ce que nous clamions il y a quelques mois à gen4 sans être vraiment écoutés ! Voilà une affirmation qui clouera peut-être définitivement le bec à tous ceux qui minimisent encore les effets du second accident par rapport au premier.
De l'avis général des experts de gen4, Fukushima a été considéré comme moins grave que Tchernobyl pendant 6 mois, à ce jour il commence a être considéré comme équivalent et à la fin de l'année voire en début d'année prochaine il sera probablement considéré comme pire et remportera la coupe du monde du principal accident nucléaire civil de tous les temps. Désolé d'être parfois un peu cyniques mais la situation le justifie amplement !
Supposons que les activités surfaciques après décroissance radioactive en Cs-137 s'alignent sur celles constatées à Tchernobyl 25 années plus tard et voilà la région bien mal partie pour quelques milliers d'années. Pendant ce temps, les autorités Japonaises estiment pouvoir faire rentrer chez eux les populations de la zone "d'évacuation volontaire prioritaire" des 20-30 Km, vous savez, cette zone ci-contre qui comporte plusieurs points rouges supérieurs à 0.5 MBq/Kg !
Tout ce cirque (pardon à nos amis du RP Cirkus) prouve une nouvelle fois que le gouvernement Japonais ne tient aucun compte de la situation radiologique réelle et ignore la demande constante d'une partie de la population : une extension des évacuations (surtout pour les femmes enceintes et les enfants). Les autorités ne peuvent en fait tenter d'agir sur la situation qu'en minimisant la portée et la durée probable de la contamination. Ce n'est pas la meilleure solution, loin de là, mais c'est probablement la seule qui soit à portée d'autorités rattrapées et même dépassées par la réalité des jeux et enjeux atomiques.
Réseau National de Balises TELERAY : incident technique, lien changé ou arrêt du service public ?
La page du site IRSN affichant directement les relevés du système de balises TELERAY était déjà difficile à trouver mais depuis 48 H le raccourci habituellement utilisé (depuis plusieurs mois) renvoie une erreur 404 : la page demandée n'existe plus. Dommage, dommage... Nous n'avons pas le temps de rechercher dans quel recoin cette page s'est faufilée, nous n'avons pas envie de nous farcir les bandeaux publicitaires défilant en bas du site ASN - IRSN - AREVA - MACHINTRUC sur le site mesure-radioactivite.fr, nous n'avons pas plus envie de rechercher patiemment une source radioactive dans une botte de foin. L'accès à l'information essentielle doit être clair, simple à trouver et éventuellement redondante. Désolé pour des gens que nous apprécions généralement, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui sur le site de l'IRSN.
Su un gentil lecteur retrouve la trace de cette page toute bête mais si pratique : la carte de France sur laquelle les valeurs de débit de dose s'affichent simplement en déplaçant le curseur de la souris dessus, nous retransmettrons largement l'information. Merci d'avance !
Pendant ce temps, au Japon, la décontamination d'amateur se poursuit

Il y a quelques jours, nous vous avions entretenu des inquiétudes de la JAEA sur la remise en suspension de particules de Cs-137 par exemple à la suite de travaux de décontamination. Appel apparemment non entendu : le bricolage semble se poursuivre, pour preuve le cliché ci-contre qui confirme que les travailleurs à l'oeuvre ne disposent pas des équipements appropriés : respirateur étanche, tenue anti-particules... En outre, rincer ainsi les toits au Karcher comme on nettoirait sa terrasse un peu ternie, c'est une drôle de technique : que deviennent les particules radioactives, par exemple celles de césium qui ne sont que très peu solubles dans l'eau ? Elles sont donc soit remises en suspension dans l'air soit lessivées avec les effluents et dirigées droit vers les gouttières puis les égouts ou le césium se reconcentre probablement. La radioactivité est juste déplacée ailleurs, elle ne peut en aucun cas être détruite comme les autorités aimeraient naïvement à le faire croire.
La ville de Fukushima, située à 60 Km de la centrale accidentée et assez touchée par la contamination - plus de 0.5 MBq/Kg d'après le document IRSN ci-dessus - recrute en conséquence des volontaires, dans tout le pays si nécessaire, afin de poursuivre ce travail. C'est un parfait exemple de ce qu'il ne faut pas faire pour s'occuper d'un problème majeur : envoyer des volontaires incompétents, mal formés, mal équipés, peu ou pas avertis des risques sanitaires qu'ils encourent, probablement très mal payés voire bénévoles...
Les métaux, tout comme l'eau, présentent une température de fusion ou ils passent de la forme solide à la forme liquide et une température d'ébullition, généralement plus élevée, qui les fait passer de l'état liquide à l'état gazeux. Le point de fusion de l'eau est de 0° C et son point d’ébullition est de 100°C à la pression atmosphérique. Or, pour retrouver dans l'atmosphère des traces du métal Technétium par exemple, il est nécessaire que le métal ait atteint son point d'ébullition pour se retrouver sous la phase gazeuse et être dispersé dans les sols autour du site de la centrale accidentée.
Extrait du point presse Tepco du 15 avril :
"Nous avons détecté du Plutonium dans les échantillons de sol prélevés sur le site les 21, 22, 25, 28, 31 mars et 4 avril... Nous avons également détecté de l'iode, du césium, du baryum, du niobium, du ruthénium, du molybdène, du technétium, du lanthane, du béryllium et de l'argent."

Or, le point d'ébullition du molybdène est de 4639° C et celui du technétium est de 4265° C. Comment ces éléments pourraient-ils se retrouver dans le sol s'il ne sont pas passés par l'atmosphère et par conséquent avoir changé 2 fois de phase pour passer sous la forme liquide puis sous la forme gazeuse ? Du technétium (point de fusion = 2157° C) a également été retrouvé dans l'eau des sous-sols mais comment un liquide pourrait-il remonter vers le sol à l'extérieur du site, défiant ainsi les lois de la gravité ?
Un autre élément semble indiquer que l'opérateur Tepco pourrait dissimuler une information indispensable à la compréhension de ce qui s'est passé dans les cœurs des ex-réacteurs : un communiqué de Tepco nous informait le 24/9 que ce dernier avait découvert une concentration non négligeable de gaz inflammable non identifié au niveau de l'ex-réacteur n°. 1. A gen4, nous refusons de croire que l'opérateur ne dispose pas sur le site d'un équipement permettant de connaître la composition de ce ou de ces gaz non identifiés ! C'est si simplement inconcevable que nous en déduisons que l'opérateur en sait probablement beaucoup plus qu'il ne veut bien le dire ; nous attendons toujours d'ailleurs avec impatience la réponse de Tepco à la question qui lui a été posée par l'AIEA au mois de mai : pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le technétium retrouvé ?
Synthèse de l'IRSN du 27/9 : retour sur le césium de Fukushima
Commentaire : l'IRSN qui s’essaye à comparer Fukushima et Tchernobyl ? C'est une première car c'est exactement ce que nous clamions il y a quelques mois à gen4 sans être vraiment écoutés ! Voilà une affirmation qui clouera peut-être définitivement le bec à tous ceux qui minimisent encore les effets du second accident par rapport au premier.
De l'avis général des experts de gen4, Fukushima a été considéré comme moins grave que Tchernobyl pendant 6 mois, à ce jour il commence a être considéré comme équivalent et à la fin de l'année voire en début d'année prochaine il sera probablement considéré comme pire et remportera la coupe du monde du principal accident nucléaire civil de tous les temps. Désolé d'être parfois un peu cyniques mais la situation le justifie amplement !
Supposons que les activités surfaciques après décroissance radioactive en Cs-137 s'alignent sur celles constatées à Tchernobyl 25 années plus tard et voilà la région bien mal partie pour quelques milliers d'années. Pendant ce temps, les autorités Japonaises estiment pouvoir faire rentrer chez eux les populations de la zone "d'évacuation volontaire prioritaire" des 20-30 Km, vous savez, cette zone ci-contre qui comporte plusieurs points rouges supérieurs à 0.5 MBq/Kg !
Tout ce cirque (pardon à nos amis du RP Cirkus) prouve une nouvelle fois que le gouvernement Japonais ne tient aucun compte de la situation radiologique réelle et ignore la demande constante d'une partie de la population : une extension des évacuations (surtout pour les femmes enceintes et les enfants). Les autorités ne peuvent en fait tenter d'agir sur la situation qu'en minimisant la portée et la durée probable de la contamination. Ce n'est pas la meilleure solution, loin de là, mais c'est probablement la seule qui soit à portée d'autorités rattrapées et même dépassées par la réalité des jeux et enjeux atomiques.
Réseau National de Balises TELERAY : incident technique, lien changé ou arrêt du service public ?
La page du site IRSN affichant directement les relevés du système de balises TELERAY était déjà difficile à trouver mais depuis 48 H le raccourci habituellement utilisé (depuis plusieurs mois) renvoie une erreur 404 : la page demandée n'existe plus. Dommage, dommage... Nous n'avons pas le temps de rechercher dans quel recoin cette page s'est faufilée, nous n'avons pas envie de nous farcir les bandeaux publicitaires défilant en bas du site ASN - IRSN - AREVA - MACHINTRUC sur le site mesure-radioactivite.fr, nous n'avons pas plus envie de rechercher patiemment une source radioactive dans une botte de foin. L'accès à l'information essentielle doit être clair, simple à trouver et éventuellement redondante. Désolé pour des gens que nous apprécions généralement, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui sur le site de l'IRSN.
Su un gentil lecteur retrouve la trace de cette page toute bête mais si pratique : la carte de France sur laquelle les valeurs de débit de dose s'affichent simplement en déplaçant le curseur de la souris dessus, nous retransmettrons largement l'information. Merci d'avance !
Pendant ce temps, au Japon, la décontamination d'amateur se poursuit
Il y a quelques jours, nous vous avions entretenu des inquiétudes de la JAEA sur la remise en suspension de particules de Cs-137 par exemple à la suite de travaux de décontamination. Appel apparemment non entendu : le bricolage semble se poursuivre, pour preuve le cliché ci-contre qui confirme que les travailleurs à l'oeuvre ne disposent pas des équipements appropriés : respirateur étanche, tenue anti-particules... En outre, rincer ainsi les toits au Karcher comme on nettoirait sa terrasse un peu ternie, c'est une drôle de technique : que deviennent les particules radioactives, par exemple celles de césium qui ne sont que très peu solubles dans l'eau ? Elles sont donc soit remises en suspension dans l'air soit lessivées avec les effluents et dirigées droit vers les gouttières puis les égouts ou le césium se reconcentre probablement. La radioactivité est juste déplacée ailleurs, elle ne peut en aucun cas être détruite comme les autorités aimeraient naïvement à le faire croire.
La ville de Fukushima, située à 60 Km de la centrale accidentée et assez touchée par la contamination - plus de 0.5 MBq/Kg d'après le document IRSN ci-dessus - recrute en conséquence des volontaires, dans tout le pays si nécessaire, afin de poursuivre ce travail. C'est un parfait exemple de ce qu'il ne faut pas faire pour s'occuper d'un problème majeur : envoyer des volontaires incompétents, mal formés, mal équipés, peu ou pas avertis des risques sanitaires qu'ils encourent, probablement très mal payés voire bénévoles...

Bonjour,
Tout d'abord je souhaite vous remercier pour votre travail, vous êtes l'une des dernières sentinelles à nous informer sur la situation à Fukushima.
Concernant le réseau teleray, est ce cela dont vous parlez : http://sws.irsn.fr/sws/mesure/index
Je l'ai trouvé en faisant une requête google.
Malgré la retombée médiatique de l'accident de Fukushima, l'urgence de l'abandon du nucléaire est plus que jamais d'actualité, une catastrophe nous pend au nez à chaque instant, c'est pour cela qu'il faut que le peuple Francais en prenne conscience et se mobilise.
Rédigé par : Frederic SAMMUT | 28/09/2011 à 22:20