L’intérêt public ne pèse pas lourd face à de gros intérêts privés
Alors que 71% des Japonais se sont prononcés contre le redémarrage précipité de "l'activité" électronucléaire au Japon (1), alors que 52% des mêmes sondés indiquent qu'ils craignent qu'au moins un membre de leur famille n'ait été affecté à un moment ou à un autre par les radiations, alors que les manifestations et protestations continuent dans tout le pays contre la remise en service prochaine des réacteurs nucléaires Japonais, alors qu'à Fukushima 160.000 habitant sont chassés de leur domicile pour des dizaines d'années au minimum, M. Noda a décidé, sous la pression de gros intérêts privés, d'autoriser la remise en service des unités n°. 3 et 4 de la centrale d'Ohi.
NEC et Komatsu Ltd (2) ont menacé de délocaliser leur production hors du Japon
Selon bloomberg, ces deux sociétés parmi les plus importantes du pays ont pesé de tout leur poids auprès du gouvernement Japonais en exerçant un chantage à la délocalisation de leur usines de production Japonaises si ces dernières couraient le moindre risque de coupure d'alimentation électrique. Le professeur DeWit de l'université de Tokyo a estimé que "M. Noda avait cédé sous la pression majeure des banques et des entreprises qui souhaitaient un redémarrage rapide [des installations nucléaires]... afin de leur assurer une reprise de la capacité financière [de production] optimale.
Un probable retour de bâton rapide sur un cabinet déjà fragilisé
Sur le plan politique, M. Noda s'est ainsi complètement désolidarisé non seulement d'une majorité des Japonais mais également du tiers environ de sa propre majorité (3) qui était également hostile à cette remise en service rapide. Le cabinet de M. Noda, fragilisé par d'autres affaires sans rapport avec la crise nucléaire et souffrant d'une côte de popularité en chute libre (27% selon le Nikkei du 23/4/12), ne survivra probablement pas très longtemps à cette décision impopulaire et qui satisfait uniquement les groupes privés en hérissant une grande partie de l'électorat rural.
Un site d'Ohi exactement dans le même état qu'avant le 11 mars 2011
Cette décision est d'autant plus irrationnelle que la seule différence notable dans les installations d'Ohi avant et après le 11 mars 2011 est un simple programme informatique (4) qui a permis de déterminer que le site était "sûr". Le fait que le site soit situé sur une ligne de fracture sismique complexe et probablement active n'a pas le moins du monde fait raisonnablement douter d'une éventuelle nouvelle catastrophe nucléaire majeure qui pourrait se produire à une centaine de Kilomètres au Nord de la ville d'Osaka, la troisième du Japon.
(1) Selon un sondage mainichi daily effectué les 2 et 3 juin
(2) Un des principaux fabricants mondiaux de matériel lourd de TP. et d'engins de prospection
(3) Sous la houlette de l'ancien Premier Naoto Kan, voir par exemple ici ou là
(4) Les fameux "stress-tests" ne sont qu'une simple simulation informatique, quelques obscures lignes de code tournant sur un ordinateur...
Sources :
"Le Japon autorise le redémarrage de deux réacteurs nucléaires", Nouvel Obs, 15 juin
"Le Japon redémarre ses réacteurs malgré un phonie du nucléaire qui se développe dans le pays", LA Times, 15 juin, anglais
"Le Japon reprend le nucléaire et Noda risque un retour rapide de baton" bloomberg, 16 juin, anglais
Lire également :
"A Ohi, le gouvernement Japonais entend passer en force", gen4, 17 mars 2012
"Honte à vous, M. Noda", fukushima blog, 16 juin (lien vers une pétition anglaise en ligne)
Alors que 71% des Japonais se sont prononcés contre le redémarrage précipité de "l'activité" électronucléaire au Japon (1), alors que 52% des mêmes sondés indiquent qu'ils craignent qu'au moins un membre de leur famille n'ait été affecté à un moment ou à un autre par les radiations, alors que les manifestations et protestations continuent dans tout le pays contre la remise en service prochaine des réacteurs nucléaires Japonais, alors qu'à Fukushima 160.000 habitant sont chassés de leur domicile pour des dizaines d'années au minimum, M. Noda a décidé, sous la pression de gros intérêts privés, d'autoriser la remise en service des unités n°. 3 et 4 de la centrale d'Ohi.
Manifestation anti-Ohi à Tokyo (LAT)
NEC et Komatsu Ltd (2) ont menacé de délocaliser leur production hors du Japon
Selon bloomberg, ces deux sociétés parmi les plus importantes du pays ont pesé de tout leur poids auprès du gouvernement Japonais en exerçant un chantage à la délocalisation de leur usines de production Japonaises si ces dernières couraient le moindre risque de coupure d'alimentation électrique. Le professeur DeWit de l'université de Tokyo a estimé que "M. Noda avait cédé sous la pression majeure des banques et des entreprises qui souhaitaient un redémarrage rapide [des installations nucléaires]... afin de leur assurer une reprise de la capacité financière [de production] optimale.
Un probable retour de bâton rapide sur un cabinet déjà fragilisé
Sur le plan politique, M. Noda s'est ainsi complètement désolidarisé non seulement d'une majorité des Japonais mais également du tiers environ de sa propre majorité (3) qui était également hostile à cette remise en service rapide. Le cabinet de M. Noda, fragilisé par d'autres affaires sans rapport avec la crise nucléaire et souffrant d'une côte de popularité en chute libre (27% selon le Nikkei du 23/4/12), ne survivra probablement pas très longtemps à cette décision impopulaire et qui satisfait uniquement les groupes privés en hérissant une grande partie de l'électorat rural.
Un site d'Ohi exactement dans le même état qu'avant le 11 mars 2011
Cette décision est d'autant plus irrationnelle que la seule différence notable dans les installations d'Ohi avant et après le 11 mars 2011 est un simple programme informatique (4) qui a permis de déterminer que le site était "sûr". Le fait que le site soit situé sur une ligne de fracture sismique complexe et probablement active n'a pas le moins du monde fait raisonnablement douter d'une éventuelle nouvelle catastrophe nucléaire majeure qui pourrait se produire à une centaine de Kilomètres au Nord de la ville d'Osaka, la troisième du Japon.
(1) Selon un sondage mainichi daily effectué les 2 et 3 juin
(2) Un des principaux fabricants mondiaux de matériel lourd de TP. et d'engins de prospection
(3) Sous la houlette de l'ancien Premier Naoto Kan, voir par exemple ici ou là
(4) Les fameux "stress-tests" ne sont qu'une simple simulation informatique, quelques obscures lignes de code tournant sur un ordinateur...
Sources :
"Le Japon autorise le redémarrage de deux réacteurs nucléaires", Nouvel Obs, 15 juin
"Le Japon redémarre ses réacteurs malgré un phonie du nucléaire qui se développe dans le pays", LA Times, 15 juin, anglais
"Le Japon reprend le nucléaire et Noda risque un retour rapide de baton" bloomberg, 16 juin, anglais
Lire également :
"A Ohi, le gouvernement Japonais entend passer en force", gen4, 17 mars 2012
"Honte à vous, M. Noda", fukushima blog, 16 juin (lien vers une pétition anglaise en ligne)

quelle honte ces gens là sont des ASSASSINS !
Rédigé par : M@nu | 16/06/2012 à 21:47
Il est très facile de se prémunir contre des coupures de courants, quelle qu'en soit la durée, au moyen d'onduleurs et de groupes électrogènes, de grosses installations peuvent faire plusieurs MWh et plus. J'ai dit facile, pas gratuit.
Au pire, les opérateurs de réseaux peuvent très bien couper le jus d'une zone résidentielle pour conserver l'alimentation d'une industrie "vitale".
La remise en service des centrales nucléaires n'est qu'une question d'argent, celui des intérêts à long terme des industriels de l'électro-nucléaire en ouvrant une brêche dans l'opinion au nom de la "nécessité".
Rédigé par : HP | 17/06/2012 à 00:11
Oui HP.
En Inde, on vit des coupures fortes et régulières dans les zones résidentielles car certaines industries ont des contrats très forts qui les lient aux fournisseurs d'électricité : ceux-ci paient de grosses indemnités en cas de rupture de fourniture de courant.
On vit avec...
Mais de plus, l'inde ouvre actuellement une centrale près de chennai, objet de beaucoup de controverses, localement et même internationalement, voir un billet ici datant de quelques semaines.
Rédigé par : zolive | 17/06/2012 à 12:49
Je voulais dire "On vit avec..." que c'est préférable à du nucléaire et que c'est possible, nécessaire, urgent.
On doit en sortir. Le japon ne voulait pas aussi rester ainsi avec un pays avec 0 nucléaire...
Au cas où je n'avais pas été clair !
Rédigé par : zolive | 17/06/2012 à 12:51
Peut être…
Mais en attendant nous avons 134 réacteurs nucléaires qui chauffent en Europe !!
Rédigé par : Tristep | 21/06/2012 à 12:39