Très remonté, l'ancien Premier Japonais attaque violemment un rapport gouvernemental qui tente de l'accabler d'une bonne partie des maux de la crise nucléaire
M. Kan s'est farouchement défendu ce jour contre la position de la commission d'enquête gouvernementale chargée d'étudier la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daiichi. Mis en cause par cette dernière pour avoir soi-disant déployé des "réactions excessives" lors de la phase aiguë de la crise, le Premier ministre à la tête du gouvernement Japonais à l'époque des faits évoque tout au contraire dans un billet publié sur son blog le 10 juin une mauvaise appréciation évidente de la catastrophe par l'opérateur à laquelle s'ajoutait l'inefficacité manifeste de la commission de contrôle nucléaire Japonaise (NISA).
"Un désastre bien plus sérieux que celui que l'opérateur et la NISA envisageait"
M. Kan a reproché à l'opérateur à et la commission de contrôle de ne pas avoir pris la mesure de la catastrophe en cours, ce qui l'aurait obligé a prendre de sa propre initiative les dispositions nécessaires afin de tenter de contrôler une situation critique et à "accomplir les tâches nécessaires". Ce serait ainsi le Cabinet qui aurait ordonné à l'opérateur de commencer à injecter de l'eau [de mer] dans les unités en péril alors que Tepco ne voulait pas ou ne pouvait pas le faire.
Une commission de sécurité nucléaire inutile ?
M. Kan évoque en outre la passivité totale de la NISA [lors des premières heures de l'accident], cette absence de réactivité ayant été à la base de la réaction du cabinet de M. Kan. D'après le Sankei Shimbun du 24 avril 2012, il semblerait acquis que les personnels de la NISA auraient été les premiers à quitter le site accidenté dès la matinée du 14 mars.
L'affaire de l'abandon total du site par Tepco n'en finit pas de rebondir
C'est l'un des points "chauds" de cette confrontation entre l'ancien Cabinet d'un côté et un bloc apparemment formé par l'opérateur et le Cabinet de l'actuel Premier ministre M. Noda. Tepco assure, par la voix de son ancien PDG Masataka Shimizu qu'aucune opération d'abandon total du site n'a jamais été envisagée alors que M. Kan estime de son côté qu'elle était d'actualité le 15 mars 2011 (1) et qu'elle n'aurait été abandonnée que grâce à son intervention décisive. La commission d'enquête a déclaré de son côté qu'elle ne trouvait pas trace d'une quelconque décision d'évacuation, ce qui a apparemment provoqué la réaction irritée de M. Kan.

(1) Probablement suite à l'apparition de la célèbre "fumée grise" au-dessus de l'unité n°. 3, le 15 mars 2011 à 1600 locales sur laquelle nous reviendrons prochainement
Sources :
Mainichi Daily, 12 juin, anglais
PM Noda criticized by MR Kan for nuclear restatrting policy, financegreenwatch, 10 juin, anglais
Kan's Blog, (le blog tenu par M. Kan lors de son mandat), anglais
Le blog actuel de M. Kan, Japonais
Lire également :
Comment la NISA a déserté le site dès le 14 mars 2011, gen4, 25/4/12
l'Histoire des "50" de Fukushima-Daiichi, gen4, 20/2/12
M. Kan s'est farouchement défendu ce jour contre la position de la commission d'enquête gouvernementale chargée d'étudier la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daiichi. Mis en cause par cette dernière pour avoir soi-disant déployé des "réactions excessives" lors de la phase aiguë de la crise, le Premier ministre à la tête du gouvernement Japonais à l'époque des faits évoque tout au contraire dans un billet publié sur son blog le 10 juin une mauvaise appréciation évidente de la catastrophe par l'opérateur à laquelle s'ajoutait l'inefficacité manifeste de la commission de contrôle nucléaire Japonaise (NISA).
"Un désastre bien plus sérieux que celui que l'opérateur et la NISA envisageait"
M. Kan a reproché à l'opérateur à et la commission de contrôle de ne pas avoir pris la mesure de la catastrophe en cours, ce qui l'aurait obligé a prendre de sa propre initiative les dispositions nécessaires afin de tenter de contrôler une situation critique et à "accomplir les tâches nécessaires". Ce serait ainsi le Cabinet qui aurait ordonné à l'opérateur de commencer à injecter de l'eau [de mer] dans les unités en péril alors que Tepco ne voulait pas ou ne pouvait pas le faire.
Une commission de sécurité nucléaire inutile ?
M. Kan évoque en outre la passivité totale de la NISA [lors des premières heures de l'accident], cette absence de réactivité ayant été à la base de la réaction du cabinet de M. Kan. D'après le Sankei Shimbun du 24 avril 2012, il semblerait acquis que les personnels de la NISA auraient été les premiers à quitter le site accidenté dès la matinée du 14 mars.
L'affaire de l'abandon total du site par Tepco n'en finit pas de rebondir
C'est l'un des points "chauds" de cette confrontation entre l'ancien Cabinet d'un côté et un bloc apparemment formé par l'opérateur et le Cabinet de l'actuel Premier ministre M. Noda. Tepco assure, par la voix de son ancien PDG Masataka Shimizu qu'aucune opération d'abandon total du site n'a jamais été envisagée alors que M. Kan estime de son côté qu'elle était d'actualité le 15 mars 2011 (1) et qu'elle n'aurait été abandonnée que grâce à son intervention décisive. La commission d'enquête a déclaré de son côté qu'elle ne trouvait pas trace d'une quelconque décision d'évacuation, ce qui a apparemment provoqué la réaction irritée de M. Kan.
Les déclarations de Tepco apparemment contredites par celles des "50" de Fukushima
Plusieurs des 50 employés restés sur le site le 15 mars 2011, alors que les quelques 700 autres personnes présentes étaient évacuées, confirment cependant l'hypothèse d'une évacuation totale envisagée un moment par l'opérateur et abandonnée suite à une intervention directe de M. Kan ; le déroulement de cette curieuse valse et les témoignages des techniciens "sacrifiés" ont été rapportés dans un article du telegraph datant du 19/2/2012.
M. Kan n'aurait pas "mal compris la situation" comme le pense M. Shimizu
L'ancien Premier ministre réagit également de manière virulente aux propos tenus par M. Shimizu devant la commission d'enquête et qui évoquait un quiproquo entre Tepco et le gouvernement de M. Kan, estimant que ce dernier avait probablement mal interprété les consignes de l'opérateur sur l'évacuation du site.
Des vidéo-conférences enregistrées qui ne sont bizarrement pas communiquées
M. Kan évoque enfn un argument a priori imparable : les vidéo-conférences et notamment celle du 15 mars 2011 ayant mis en relation le Premier ministre se trouvant dans les locaux de Tepco à Tokyo et la salle de crise de Fukushima-Daiichi auraient été enregistrées ; il suffirait de retrouver les bandes et de les diffuser pour - peut-être enfin - lever le doute... Et rétablir l'honneur et la dignité d'un Premier ministre qui semble aujourd’hui bien abandonné et blâmé par la majorité de la majorité Japonaise.
Plusieurs des 50 employés restés sur le site le 15 mars 2011, alors que les quelques 700 autres personnes présentes étaient évacuées, confirment cependant l'hypothèse d'une évacuation totale envisagée un moment par l'opérateur et abandonnée suite à une intervention directe de M. Kan ; le déroulement de cette curieuse valse et les témoignages des techniciens "sacrifiés" ont été rapportés dans un article du telegraph datant du 19/2/2012.
M. Kan n'aurait pas "mal compris la situation" comme le pense M. Shimizu
L'ancien Premier ministre réagit également de manière virulente aux propos tenus par M. Shimizu devant la commission d'enquête et qui évoquait un quiproquo entre Tepco et le gouvernement de M. Kan, estimant que ce dernier avait probablement mal interprété les consignes de l'opérateur sur l'évacuation du site.
Des vidéo-conférences enregistrées qui ne sont bizarrement pas communiquées
M. Kan évoque enfn un argument a priori imparable : les vidéo-conférences et notamment celle du 15 mars 2011 ayant mis en relation le Premier ministre se trouvant dans les locaux de Tepco à Tokyo et la salle de crise de Fukushima-Daiichi auraient été enregistrées ; il suffirait de retrouver les bandes et de les diffuser pour - peut-être enfin - lever le doute... Et rétablir l'honneur et la dignité d'un Premier ministre qui semble aujourd’hui bien abandonné et blâmé par la majorité de la majorité Japonaise.
Sources :
Mainichi Daily, 12 juin, anglais
PM Noda criticized by MR Kan for nuclear restatrting policy, financegreenwatch, 10 juin, anglais
Kan's Blog, (le blog tenu par M. Kan lors de son mandat), anglais
Le blog actuel de M. Kan, Japonais
Lire également :
Comment la NISA a déserté le site dès le 14 mars 2011, gen4, 25/4/12
l'Histoire des "50" de Fukushima-Daiichi, gen4, 20/2/12

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