La longue liste des "inventions" opportunistes s’allonge jour après jour
Après le détecteur de radiation individuel au Scintirex, le remède Royal anti-irradiation au Miso, le téléphone-détecteur de radiations, le capteur se connectant sur l'Iphone, le cannabis, remède-miracle contre la contamination, la société Japonaise Toppan Printing vient à son tour de lancer un produit qu'elle affirme à son tour très modestement "révolutionnaire" :
Une feuille de papier au Tungstène haute densité
Le nouveau matériau "anti-radiations" se présente sous la forme d'une feuille d'un "papier" (polymère ?) fortement fourré d'un Tungstène très concentré, la "feuille" affichant une épaisseur finale de 0.3 mm qui présenterait les mêmes caractéristiques d'affaiblissement qu'une classique feuille de plomb de 0.25 mm utilisée par exemple en zone d'irradiation en milieu hospitalier. La société commercialisant ce nouveau "produit" estime qu'à efficacité égale, ce dernier est beaucoup moins dangereux que ceux basés sur les isolants habituels (plomb, béton, verre...) et est également beaucoup plus souple ce qui permettrait de l'intégrer par exemple dans des tenues de protection légères.

Et pourtant, au Japon, le danger "sanitaire" des "radiations" réside plus dans la contamination que dans l'irradiation !
La plupart de ces inventions présentent non seulement le mauvais goût de surfer sur la vague radioactive déployée à partir de mars 2011 par Tepco et les autorités Japonaises de non-régulation mais elles sont pour la plupart assez exagérées et tiennent souvent plus du gadget à la mode - surtout s'il s'agit de le raccorder sur son Iphone - que de l'outil de détection, de radioprotection ou de décontamination absolu. Rentrons dans quelques exemples concrets :
Les détecteurs d'irradiation "individuels" type Iphone :
- Des matériels très peu performants, peu fiables, imprécis, trompeurs...
- Ils ne détectent généralement que le rayonnement Gamma et X-Ray (ces derniers n'étant pas présents lors d'une situation accidentelle), et parfois les Bêta
- Ils donnent une fausse impression de sécurité ou au contraire peuvent être à la source de "fausses alertes"
Les cannabis et autres épinards "bouffeurs de radiation"
Le mot "radiation" est décidément malvenu. Même si le cannabis (ou son cousin le chanvre ou même le tabac, les épinards...) peut effectivement récupérer une petite partie de la contamination répandue dans le sol qui l'entoure immédiatement, le problème n'est pas réglé pour autant : une fois arraché - en guise de remerciement pour son travail de digestion - , s'il a récupéré des radioéléments il est devenu lui-même passablement radioactif. Qu'en faire ? Le brûler ? Les cendres retomberont à proximité avec tout les radioéléments particulaires récupérés. Le problème de la contamination au Japon ne se réglera vraiment pas par une simple pirouette culinaire ou commerciale !

Les tenues "protectrices" au Tungstène ou autres Kevlar
Sont également trompeuses : si les tenues Tyvek classiques protègent à la rigueur d'une très improbable contamination par contact Alpha ou Bêta-mou (3) elles ne peuvent évidemment rien pour atténuer les particules respirées si elles ne sont pas accompagnées d'un filtre-respirateur. Elles ne présentent en outre absolument aucun effet protecteur vis-à-vis des rayons Gamma, X-ray ou des Neutrons, qui les transperceront aussi facilement qu'une munition de guerre s’affranchira de la protection dérisoire d'un treillis militaire.

Un sprint d'alerte radioactive en tenue légère : Tyvek et masque jetable
Notez la direction logique de la course : loin des installations ;)
Et si une tenue protège - un petit peu - des radiations Gamma comme le nouveau "papier" Japonais, il faudra l'associer ou la combiner avec une tenue en Tyvek classique (pour l'étanchéité), un respirateur enveloppant, des protections d’extrémités : gants et bottes scellées ; on en revient ici à l'aspect pratique de cet accoutrement qui le réservera aux zones fortement irradiées et donc - théoriquement - aux travailleurs exposés à des débits de doses Gamma importants, bref cette découverte "révolutionnaire" n'offre en fait aucun intérêt réel pour protéger la population exposée à la contamination ordinaire du Japon.
(1) le numéro atomique (Z) : le chiffre placé par convention en bas ou à gauche (indice) d'un élément chimique, à ne pas confondre avec le nombre de masse (A) placé en haut ou à droite (exposant) de l'élément qui représente quand à lui la masse volumique (la densité) de l'isotope de l'élément concerné ; en conservant l'exemple du tungstène on l'écrit (à plat) : 74 W 184 ; numéro atomique : 74, masse atomique : 184 (pour l'isotope "naturel" du tungstène)
(2) Exposition à une source "X-ray" de 120 KeV (source)
(3) Les particules Alpha ne traversent pas l'épiderme superficiel alors que les Bêta-Mous sont fortement atténués par le derme et l'épiderme
Sources :
jijipress, 07/06, anglais
Après le détecteur de radiation individuel au Scintirex, le remède Royal anti-irradiation au Miso, le téléphone-détecteur de radiations, le capteur se connectant sur l'Iphone, le cannabis, remède-miracle contre la contamination, la société Japonaise Toppan Printing vient à son tour de lancer un produit qu'elle affirme à son tour très modestement "révolutionnaire" :
Une feuille de papier au Tungstène haute densité
Le nouveau matériau "anti-radiations" se présente sous la forme d'une feuille d'un "papier" (polymère ?) fortement fourré d'un Tungstène très concentré, la "feuille" affichant une épaisseur finale de 0.3 mm qui présenterait les mêmes caractéristiques d'affaiblissement qu'une classique feuille de plomb de 0.25 mm utilisée par exemple en zone d'irradiation en milieu hospitalier. La société commercialisant ce nouveau "produit" estime qu'à efficacité égale, ce dernier est beaucoup moins dangereux que ceux basés sur les isolants habituels (plomb, béton, verre...) et est également beaucoup plus souple ce qui permettrait de l'intégrer par exemple dans des tenues de protection légères.
Les tenues artisanales au plomb des liquidateurs de Tchernobyl (la bataille de Tchernobyl)
Pourquoi le tungstène, le plomb et... l'uranium sont-ils efficaces pour bloquer les radiations Gamma ?
Très grossièrement, plus le numéro atomique (1) est élevé, plus son pouvoir d'atténuation (blindage) vis-à-vis des photons, très énergétiques, est efficace. Plus on descend dans la table des éléments chimiques (métaux lourds) et plus l'élément tend à bloquer l'irradiation avec une certaine efficacité, du fait d'une densité plus élevée. Il est également nécessaire de tenir compte du prix de l'élément : le tungstène ou wolfram (74W184) est ainsi aussi efficace que le plomb (82Pb207) (2) tout en étant environ 50 fois moins cher que l'Uranium (92U238) et 100 fois moins cher que l'Or (79Au197) !

Très grossièrement, plus le numéro atomique (1) est élevé, plus son pouvoir d'atténuation (blindage) vis-à-vis des photons, très énergétiques, est efficace. Plus on descend dans la table des éléments chimiques (métaux lourds) et plus l'élément tend à bloquer l'irradiation avec une certaine efficacité, du fait d'une densité plus élevée. Il est également nécessaire de tenir compte du prix de l'élément : le tungstène ou wolfram (74W184) est ainsi aussi efficace que le plomb (82Pb207) (2) tout en étant environ 50 fois moins cher que l'Uranium (92U238) et 100 fois moins cher que l'Or (79Au197) !
Il est enfin souhaitable que le matériau utilisé ne soit pas lui-même à la base plus irradiant que les radiations à atténuer, surtout s'il est destiné à être utilisé dans une tenue portée au niveau du corps : le tungstène naturel (74W184), même s'il n'est pas un élément typiquement stable comme le plomb naturel (82Pb208) n'est qu’infinitésimalement radiotoxique du fait de sa très longue période (1.3*10^19 années) ; sur le plan de la toxicité chimique il ne lui est connu aucun effet notoire contrairement au plomb.
Et pourtant, au Japon, le danger "sanitaire" des "radiations" réside plus dans la contamination que dans l'irradiation !
La plupart de ces inventions présentent non seulement le mauvais goût de surfer sur la vague radioactive déployée à partir de mars 2011 par Tepco et les autorités Japonaises de non-régulation mais elles sont pour la plupart assez exagérées et tiennent souvent plus du gadget à la mode - surtout s'il s'agit de le raccorder sur son Iphone - que de l'outil de détection, de radioprotection ou de décontamination absolu. Rentrons dans quelques exemples concrets :
Les détecteurs d'irradiation "individuels" type Iphone :
- Des matériels très peu performants, peu fiables, imprécis, trompeurs...
- Ils ne détectent généralement que le rayonnement Gamma et X-Ray (ces derniers n'étant pas présents lors d'une situation accidentelle), et parfois les Bêta
- Ils donnent une fausse impression de sécurité ou au contraire peuvent être à la source de "fausses alertes"
Les cannabis et autres épinards "bouffeurs de radiation"
Le mot "radiation" est décidément malvenu. Même si le cannabis (ou son cousin le chanvre ou même le tabac, les épinards...) peut effectivement récupérer une petite partie de la contamination répandue dans le sol qui l'entoure immédiatement, le problème n'est pas réglé pour autant : une fois arraché - en guise de remerciement pour son travail de digestion - , s'il a récupéré des radioéléments il est devenu lui-même passablement radioactif. Qu'en faire ? Le brûler ? Les cendres retomberont à proximité avec tout les radioéléments particulaires récupérés. Le problème de la contamination au Japon ne se réglera vraiment pas par une simple pirouette culinaire ou commerciale !
Les tenues "protectrices" au Tungstène ou autres Kevlar
Sont également trompeuses : si les tenues Tyvek classiques protègent à la rigueur d'une très improbable contamination par contact Alpha ou Bêta-mou (3) elles ne peuvent évidemment rien pour atténuer les particules respirées si elles ne sont pas accompagnées d'un filtre-respirateur. Elles ne présentent en outre absolument aucun effet protecteur vis-à-vis des rayons Gamma, X-ray ou des Neutrons, qui les transperceront aussi facilement qu'une munition de guerre s’affranchira de la protection dérisoire d'un treillis militaire.
Un sprint d'alerte radioactive en tenue légère : Tyvek et masque jetable
Notez la direction logique de la course : loin des installations ;)
Et si une tenue protège - un petit peu - des radiations Gamma comme le nouveau "papier" Japonais, il faudra l'associer ou la combiner avec une tenue en Tyvek classique (pour l'étanchéité), un respirateur enveloppant, des protections d’extrémités : gants et bottes scellées ; on en revient ici à l'aspect pratique de cet accoutrement qui le réservera aux zones fortement irradiées et donc - théoriquement - aux travailleurs exposés à des débits de doses Gamma importants, bref cette découverte "révolutionnaire" n'offre en fait aucun intérêt réel pour protéger la population exposée à la contamination ordinaire du Japon.
(1) le numéro atomique (Z) : le chiffre placé par convention en bas ou à gauche (indice) d'un élément chimique, à ne pas confondre avec le nombre de masse (A) placé en haut ou à droite (exposant) de l'élément qui représente quand à lui la masse volumique (la densité) de l'isotope de l'élément concerné ; en conservant l'exemple du tungstène on l'écrit (à plat) : 74 W 184 ; numéro atomique : 74, masse atomique : 184 (pour l'isotope "naturel" du tungstène)
(2) Exposition à une source "X-ray" de 120 KeV (source)
(3) Les particules Alpha ne traversent pas l'épiderme superficiel alors que les Bêta-Mous sont fortement atténués par le derme et l'épiderme
Sources :
jijipress, 07/06, anglais

Même en Tunisie: un pays qui n'a pas de réacteur nucléaire, le danger nucléaire existe malheureusement. J'ai trouvé ce lien sur un nouveau web magazine tunisien: http://www.bio-focus.org/detail-article.php?id=126
Rédigé par : Hamadi Madhi | 09/06/2012 à 17:03
Bonjour, merci pour cette info. J'ai du corriger le lien (il ne faut pas ajouter de balises URL, Typepead le fait automatiquement).
Avez-vous une idée de la cause des cette radio-pollution ?
j'ai lu que le Ministre Tunisien concerné avait démenti l'information, qu'en pensez-vous ?
Cordialement,
Trifou
Rédigé par : trifouillax | 11/06/2012 à 10:24
je ne vois pas trop ce qu'ils auraient pu y coller, à part des déchets hospitaliers.
Par contre, si il y a eu des mines de phosphates, alors il y a des phosphogypses avec de l'uranium et tous ses descendants.
Vous me direz : ça n'est paas fort pour un géologue de ne pas savoir si il y a eu des exploitations de phosphate !
Ou alors des tuyaux de pipeline calaminés à l'uranium (il y en a dans le pétrole).
Ou des scories de charbon.
Rédigé par : geologue | 11/06/2012 à 22:26
Ah si il ya des exploitations de phosphate:
http://www.gct.com.tn/francais/wcpg.htm
Donc il doit y avoir des phosphogypses si ça a été raffiné sur place
Il y a du charbon, mais pas d'exploitations en cours : très faibles réserves.
Par contre il ya peut-être des centrales électriques qui marchent avec du charbon importé.
Il y a du pétrole.
Donc pas de quoi fouetter un nucléocrate. Par contre j'espère qu'il n'y a pas eu de dépôt sauvages de sources industrielles usées type 60Co, indium ou tutti quanti.
Ca m'étonnerai qu'il y ait eu des importations sauvages de déchets nucléaires venus d'ailleurs, mais sait-on jamais ?
Rédigé par : geologue | 11/06/2012 à 22:38