A défaut d'action possible sur la contamination, le Japon redouble d'efforts sur la cigarette et la détection des cancers
Le gouvernement Japonais vient de prendre une série de mesures visant à freiner autant que faire se peut l’accroissement de la morbidité et de la mortalité par cancer d'ici à 2017. Les nouvelles mesures visent notamment à mieux contrôler le tabagisme passif dans les restaurants ou celui subi lors d'activités professionnelles.
Les autorités envisagent également l'objectif de réduire le pourcentage de la population adulte accrochée au tabac de 20 à environ 12% ainsi que la construction à Tokyo d'un établissement hospitalier de cancérologie dédié à la petite enfance.
La réglementation Japonaise actuelle est étonnement spécifique : fumer est par exemple interdit dans les espaces publics sauf dans des espaces fumeurs spécifiques, la police traque les fumées suspecte et les mégots dans certains quartiers spéciaux de Tokyo alors que la réglementation est par contre toujours aussi laxiste dans les espaces privés comme les restaurants, les hôtels, les discothèques, les Macdonald (!).
Un lobby cigarettier encore très puissant au Japon
Un grand nombre de politiciens Japonais possédant des intérêts dans la Japan Tobacco (1), les réformes sanitaires se heurtent depuis très longtemps à la puissance résiduelle des intérêts de puissants privés. Les efforts des autorités sont en conséquent souvent symboliques et la pugnacité du gouvernement reste extrêmement réduite dans ce domaine, même si le nombre de fumeurs diminue régulièrement en pourcentage. L'industrie du tabac Japonaise a réalisé un chiffre d'affaires de 28 milliards d'Euros en 2009 contre environ 15 milliards d'Euros en France la même année (2). Le prix du paquet est également un remarquable indicateur : à environ 3,50 Euros le paquet contre 8.30 Euros en France, il reste une étonnante marge d'action gouvernementale...
Une nouvelle réglementation prévoyant de futurs mauvais chiffres ?
Alors que le Japon traîne les pieds depuis plus de trente années dans le domaine du tabagisme, une des explications de ce récent tour de vis sur les fumeurs pourrait être que le pays craint une progression de la maladie assez importante dans les prochaines années, due à des causes absolument exogènes au tabac, mais sur laquelle les autorités Japonaises ne disposent que de fort peu de moyens d'action, voire d'aucun, et ne souhaitent pas communiquer. Je pense que vous aurez compris où nous voulons en venir : il est plus facile d'agir sur le tabagisme que sur la contamination qui sera, un jour où l'autre, un facteur aggravant de la pathologie cancéreuse au Japon .
(1) Société encore détenue à 50% par l’État Japonais, troisième fabricant de cigarettes mondial
(2) Données brutes, la population du Japon étant environ deux fois celle de la France
Sources :
jijipress, 8/6/12, anglais
Smoking in Japan, wiki anglais
Le gouvernement Japonais vient de prendre une série de mesures visant à freiner autant que faire se peut l’accroissement de la morbidité et de la mortalité par cancer d'ici à 2017. Les nouvelles mesures visent notamment à mieux contrôler le tabagisme passif dans les restaurants ou celui subi lors d'activités professionnelles.
Les autorités envisagent également l'objectif de réduire le pourcentage de la population adulte accrochée au tabac de 20 à environ 12% ainsi que la construction à Tokyo d'un établissement hospitalier de cancérologie dédié à la petite enfance.
La réglementation Japonaise actuelle est étonnement spécifique : fumer est par exemple interdit dans les espaces publics sauf dans des espaces fumeurs spécifiques, la police traque les fumées suspecte et les mégots dans certains quartiers spéciaux de Tokyo alors que la réglementation est par contre toujours aussi laxiste dans les espaces privés comme les restaurants, les hôtels, les discothèques, les Macdonald (!).
Distributeurs de cigarettes au Japon
Un lobby cigarettier encore très puissant au Japon
Un grand nombre de politiciens Japonais possédant des intérêts dans la Japan Tobacco (1), les réformes sanitaires se heurtent depuis très longtemps à la puissance résiduelle des intérêts de puissants privés. Les efforts des autorités sont en conséquent souvent symboliques et la pugnacité du gouvernement reste extrêmement réduite dans ce domaine, même si le nombre de fumeurs diminue régulièrement en pourcentage. L'industrie du tabac Japonaise a réalisé un chiffre d'affaires de 28 milliards d'Euros en 2009 contre environ 15 milliards d'Euros en France la même année (2). Le prix du paquet est également un remarquable indicateur : à environ 3,50 Euros le paquet contre 8.30 Euros en France, il reste une étonnante marge d'action gouvernementale...
Taxation et prix du paquet de cigarettes en 2010 (WSJ)
Une nouvelle réglementation prévoyant de futurs mauvais chiffres ?
Alors que le Japon traîne les pieds depuis plus de trente années dans le domaine du tabagisme, une des explications de ce récent tour de vis sur les fumeurs pourrait être que le pays craint une progression de la maladie assez importante dans les prochaines années, due à des causes absolument exogènes au tabac, mais sur laquelle les autorités Japonaises ne disposent que de fort peu de moyens d'action, voire d'aucun, et ne souhaitent pas communiquer. Je pense que vous aurez compris où nous voulons en venir : il est plus facile d'agir sur le tabagisme que sur la contamination qui sera, un jour où l'autre, un facteur aggravant de la pathologie cancéreuse au Japon .
(1) Société encore détenue à 50% par l’État Japonais, troisième fabricant de cigarettes mondial
(2) Données brutes, la population du Japon étant environ deux fois celle de la France
Sources :
jijipress, 8/6/12, anglais
Smoking in Japan, wiki anglais

http://www.veteranstoday.com/2012/06/09/kill-one-kill-twelve-kill-millions-kill-billions-2/
Rédigé par : Paolo Scampa | 09/06/2012 à 23:09
Merci pour ce lien, un billet sur les munitions à Uranium appauvri est en préparation.
Cordialement,
Trifou
Rédigé par : trifouillax | 11/06/2012 à 11:05