Après avoir acquis quelques petits appareils souvent considérés par les "pros" de la radioprotection comme des "gadgets", un phénomène assez récurrent se produisait sur ceux que je laissais en service en permanence : Des pics (spikes) de radioactivité supérieurs à 0.3 µSv pouvaient être constatés plusieurs fois par jour sur un appareil alimenté par le secteur donc en service permanent.
Tout le problème résidait dans la quantification exacte de ces doses environ 3 fois supérieures au "bruit de fond" habituel estimé à environ 11-15 µSv/h. Le problème de ces petits appareils, généralement de fabrication Russe, outre l'impossibilité de les laisser en service continu (alimentation par piles ou batteries) est de quantifier la dose ayant déclenché l'alarme, le pic redescendant généralement rapidement et la mesure tendant à revenir à la normale assez rapidement (5 à 15 secondes après le déclenchement).
L'appareil détectant ces élévations transitoires de dose ambiante est un MESA de fabrication Russe, il possède un bon capteur "pancake" (CI-12B ?) de 1 pouce environ sensible aux émissions Alpha, Béta et Gamma.
Le tube GM est similaire à l'un de ceux utilisé dans le tout récent Radex 1008 qui est spécialement conçu pour pouvoir "renifler" les radiations Béta et effectuer ainsi des relevés de contamination sommaires sur les aliments et autres objets passant à proximité de son capteur.
Afin de pouvoir évaluer le nombre et la valeur des pics de radiaoctivité, il fallait donc enregistrer les données, ce que les petits appareils ne peuvent généralement pas faire.
L'enregistrement des données sur ces petits appareils
Il existe plusieurs solutions : Soit vous achetez - à prix d'or - un appareil possédant cette possibilité, soit il faudra utiliser le "bip" interne de votre appareil actuel et l'analyser par un petit logiciel installé par exemple sur un Iphone ou un Ipad.
Ce petit soft IOS est très bien conçu, une fois installé il suffit de placer votre Iphone / Ipad à proximité immédiate de votre détecteur pour que la magie s'opère, sans connexion et avec une détection optimale des "clicks" émis par votre appareil.
Il vous est ensuite possible de stocker les données dans une base et éventuellement les publier sur le Net grâce au serveur "Pachube" qui est préconfiguré dans le logiciel.
Les premiers reports semblent confirmer des "spikes" de radioactivité
Après quelques petits réglages et peaufinages les premières données semblent confirmer les pics évoqués plus haut :
Les traits pointillés correspondent à des données manquantes (problèmes techniques de réseau, batterie déchargée...) mais on observe bien vers 03h00 ce matin un pic d'environ 5 fois la valeur "normale" estimée à environ 20-25 CPM.
Conversion CPM / µSv/h
Afin d'obtenir une mesure en µSv/h, il est nécessaire d'appliquer un coefficient de multiplication aux données relevées en CPM, car les radioéléments sont plus ou moins "nocifs" sur le corps humain. Pour le Césium-137 (l'un des principaux radioéléments relachés lors d'un accident) ce coefficient est d'environ 0.006 pour le tube GM concerné.
Donc 140 CPM = 140*0.006 soit 0.85 µSv/h.
Pourquoi n'observe-t-on pas ces pics sur les mesures officielles ? (réseau Teleray)
Le réseau Téleray affiche des données "moyennes" de débit de dose relevées sur quelques heures (6h en général, parfois plus) et ne permettent pas de distinguer les pics sur un chiffre de radiaoctivité brut, les maximums se noyant dans le bruit de fond sur une durée de mesure assez longue. Les mesures du réseau Teleray sont des débits de dose exprimés en nSv/h ; Ainsi 150 nSv/h sont équivalents aux 0.15 µSv/h que pourraient afficher votre petit appareil placé au même endroit que la balise.
Des particules "chaudes" ? Les mesures se poursuivent
Je ne manquerai pas de communiquer sur ce blog les prochaines mesures, les premiers enregistrements semblant confirmer que même des appareils simples confirment des pointes de radioactivité dès lors qu'ils peuvent enregistrer des données dans le temps.
De la dangerosité des valeurs relevées
Il est un peu tôt pour pouvoir affirmer que ces pics de radiaoctivité ont un rapport plus ou moins lointain avec les particules dégagées par l'accident - toujours en cours - de Fukushima mais elles ont été constatées un peu partout dans le monde et plus particulièrement sur la côte Ouest des USA qui est directement "sous le vent" du "nuage" radioactif provenant du Japon. Un ingénieur nucléaire déclarait récemment qu'à la suite de l'accident, les Japonais de Tokyo respiraient 10 particules "chaudes" par jour et les Américains situés sur la côte Ouest (Seattle) environ 5 par jour !
Malgré des quantités énormes de particules disséminées dans le monde entier par la catastrophe Japonaise, le niveau moyen de dose ambiante n'augmente que très peu et c'est sur cette information rassurante que communiquent principalement les autorités. Il n'empêche... Toute particule radioactive contaminante supplémentaire est une particule radioactive de trop, surtout une fois qu'elle est insérée dans un organisme biologique !
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